La guitare
Les effets
Les effets
Effets jouant sur le grain, le niveau ou
la dynamique
(overdrive - distorsion - fuzz - booster - compresseur -
limiteur - expanseur)
Égalisation et filtrage
(enhancer - harmonic exiter - égaliseur - wah-wah - auto wah - envelope filter)
Octaver - Pitch Transposer - Wahmmy
Effets spatiaux
(delay
- chorus - flanger - reverb - panoramique)
Utilitaires
(noise-gate -
noise supressor - hush - power soak - HP simulator - A/B box - line selector - patch - pédale de volume)
Effets spéciaux
(Leslie rotovibe - talk box)
Comment brancher ses pédales
Les effets sont des armes à double tranchant : bien utilisés, ils magnifieront votre son et constitueront un plus au
service de votre expression ; mal maîtrisés, ils peuvent détruire l'intelligibilité même de votre musique. C'est
pourquoi il est nécessaire de bien les connaître et de les essayer avant de les employer sur scène et en studio.
Avant toute chose, souvenez-vous que quelles que soient les qualités intrinsèques d'un effet, il est tributaire de
tout ce qui, dans la chaîne, va se trouver en amont (guitare, autres effets, préampli), et en aval (autres effets,
ampli, sono, etc.).
Les effets peuvent prendre différentes formes : pédale, pédalier, effet en rack ou embarqué, aussi actuellement sous
forme de logiciels informatiques. La pédale (parfois programmable) est la forme la plus populaire et la plus
répandue, car la plus économique, avec son électronique abritée parfois par un boîtier métallique, parfois
plastique, l'alimentation se faisant soit par pile, soit par boîtier externe ou alors les deux. Le pédalier est
souvent la forme que prennent les multi-effets les moins onéreux. Il existe aussi d'autres effets à la croisée entre
pédale, pédalier et rack. L'effet en rack, comme tout appareil adoptant ce format, est contenu dans un châssis
mesurant dix-neuf pouces de large (soit environ 48cm) et peut être chargé dans un flight-case.
La miniaturisation des composants, entraînant des performances accrues pour les pédales libérant de la place dans
les châssis rackables, a progressivement réservé le rack aux multi-effets, aux effets programmables et aux effets
professionnels, l'alimentation se faisant par transfo externe ou interne. L'effet embarqué se dit soit d'un effet
contenu dans un ampli (reverb, chorus...), soit d'un effet contenu dans une guitare. Il s'agit le plus souvent d'un
booster, d'un préampli ou d'une égalisation active ou passive, ou d'autres petits circuits se logeant facilement
dans le corps d'une guitare.
Enfin, les logiciels informatiques sont apparus sur le marché, offrant de nombreuses autres possibilités... À
essayer, mais sachez qu'ils dépendent de l'ordinateur que vous emploierez, de sa carte son, la mise-à-jour à
effectuer en fonction du matériel, de sa configuration (s'ils s'avèrent efficaces pour le studio, le "plantage" est
toujours possible, attention pour la scène !)... Un investissement.
N'oublions pas non plus que le pilotage MIDI, qui se généralise dans les effets, vous permettra d'utiliser le son
d'autres appareils, lancer des samples et/ou des boucles etc.
Effets jouant sur le grain, le niveau ou la dynamique :
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- Overdrive - Distorsion - Fuzz
Ils simulent électroniquement le son produit par un ampli lorsqu'il sature.
L'overdrive possède une couleur et un taux de saturation proche de ceux
d'un ampli à lampe. La distorsion possède plus de gain et produit une
saturation plus radicale, moins chaude, plus métallique. La fuzz est une
des premières tentatives de pédale de disto. Elle possède une couleur très particulière. Ces effets possèdent au
minimum trois réglages : niveau de sortie, taux de saturation et tonalité. En supplément, on peut trouver un
noise-gate. À noter que ces effets sont beaucoup plus "chauds" et efficaces lorsqu'il sont de type
analogique ou à lampes, que lorsqu'il s'agit d'effets numériques (très synthétiques). Enfin, certains soufllent
énormément : attention au choix !
- Booster et apparentés
À la fois proche et très différent d'un préampli, le booster est un circuit destiné à gonfler votre signal.
En cela, il s'apparente à l'étage d'un préampli, c'est pour cela que certains appareils adoptent, à tort,
l'appellation de "préampli". Le seul réglage disponible étant le niveau de boost. On peut aussi le trouver
embarqué dans une guitare, une pédale de volume, ou constituer eux-mêmes une pédale. Dans ce dernier cas, ils
peuvent intégrer une lampe.
- Compresseur - Limiteur - Expanseur
Pour schématiser, la vie d'un son se joue en trois temps : attaque, résonance, déclin. Le
compresseur, en réduisant son niveau lorsqu'il est trop puissant (attaque),
et en le gonflant lorsqu'il est trop faible (déclin), maintient le signal à un volume quasi constant jusqu'à son
arrêt. On peut donc parler de nivellement du son, mais attention, cela ne veut pas dire qu'un compresseur augmente
le sustain de votre instrument. Votre note a toujours la même durée, elle est simplement plus forte pendant plus
longtemps. Cette confusion est principalement due au fait que, bien souvent, on couple une disto avec le
compresseur, le travail de ce dernier favorisant un larsen sur la note elle-même et non sur les harmoniques, et là
on peut parler d'augmentation du sustain générée par la conjonction des deux pédales. On utilisera avec profit le
compresseur en studio sur des rythmiques demandant une grande régularité dans l'attaque, cocotte hard ou arpèges.
Attention au réglage du taux de compression : trop fort, il présente l'inconvénient de gommer toute nuance de
votre jeu, et de signaler sa mise en marche (il y a toujours un infime temps de retard entre l'arrivée du signal
et le déclenchement de l'appareil) de façon trop ostentatoire. Les réglages les plus courants agissent sur le
niveau de sortie, le taux de compression, accompagnés parfois d'un réglage de tonalité corrigeant les éventuelles
altérations dues à la compression, et enfin le gain.
Le limiteur, lui, se contente de réduire les niveaux dépassant un certain
seuil, c'est-à-dire, la moitié du travail d'un compresseur.
L'expanseur se charge du reste : il gonfle les signaux trop faibles. On le
trouve souvent couplé à un noise-gate auquel il permet de ne pas couper les notes trop abruptement.
Notons enfin que le limiteur et l'expanseur peuvent être simulés à partir d'un compresseur proposant des réglages
séparés du taux de compression, en compressant soit l'attaque (limiteur), soit le sustain (expanseur).
- Enhancer - Harmonic exciter
Ce type d'effet magnifie et renforce les harmoniques, particulièrement les plus aiguës. Cela donne au son une
clarté et une définition accrues. On utilise l'enhancer/exciter soit pour faire ressortir la guitare dans le mix,
soit en insertion pour faire fuser harmoniques et larsen d'un son saturé, soit après plusieurs pédales pour
redonner punch et précision à votre signal. Les réglages disponibles : taux d'effet, mix son naturel/son traité,
hauteur de la bande des fréquences sur lesquelles l'effet agit.
- Égaliseur
Égaliser un son consiste à augmenter ou à diminuer le niveau d'une fréquence ou d'un groupe de fréquences
(bande) centré autour de l'une d'elles. L'égalisation du type Baxendall est
la plus courante, elle comporte trois réglages, basses, médiums et aigus, minorant lesdites fréquences dans la
première moitié de leur course, les amplifiant dans la seconde. D'autres ne comportent que deux réglages ou alors
quatre, séparant alors les bas et hauts médiums pour affiner l'intervention sur ces fréquences particulièrement
stratégiques en ce qui concerne la guitare. On trouve parfois encore plus de réglages. Sur beaucoup de vieux
amplis, les réglages d'égalisation sont très interactifs, ouvrant la porte à des ajustements subtils.
L'égaliseur graphique fonctionne grosso modo sur le même principe que le
précédent, si ce n'est qu'il segmente votre son en bandes de fréquences plus étroites, donc plus ciblées et plus
nombreuses. Chaque bande se voit affecter un potentiomètre linéaire doté en son milieu d'un point zéro cranté. On
va donc pouvoir réduire ou augmenter le niveau de chaque bande de plus ou moins
n décibels (entre 10 et 15dB le plus souvent). Cela permet d'agir plus
précisément, mais peut aussi devenir source de confusion si le nombre de bandes est trop élevé. On peut considérer
que cinq à sept bandes, bien étagées d'environ 80 Hz à quelques 6kHz, suffisent pour égaliser un son de guitare.
On peut le trouver en pédale, en rack, intégré à des amplis ou à des multi-effets.
Hérité des tables de mixage, l'égaliseur paramétrique autorise une action
plus pointue encore, puisque portant sur une fréquence donnée et non plus sur une bande de fréquences. Le choix se
fait au moyen de potentiomètres libellés "fréquence", puis on la coupe ou la booste avec le réglage de niveau. Les
deux réglages sont souvent regroupés (potentiomètre double). Sur certains appareils, on peut élargir la bande
affectée autour de la fréquence choisie grâce au réglage "bandwidth". Disponibles en pédales ou en rack, ou
intégrés à des amplis, notamment pour le réglage des médiums, ces égaliseurs sont extrêmement efficaces, provocant
des changements de couleur radicaux.
- Wah-wah - Auto wah - Envelope filter
En s'emparant de la Vox Cry Baby dès sa sortie, Jimmy Hendrix a rendu la pédale
wah-wah incontournable. Elle fonctionne comme un égaliseur paramétrique
dépourvu de réglage de niveau, et dont le réglage de fréquence se ferait au pied. La partie basculante de la
pédale agit, généralement via une crémaillère ou une cellule photoélectrique, sur un potentiomètre, faisant aussi
varier la fréquence qui entre en résonance : plus la pédale est élevée, plus ladite fréquence est grave ; plus
elle est enfoncée, plus la fréquence est aiguë. En passant rapidement d'arrière en avant, on obtient le
"wahouhwahw" attendu. On note de grosses différences d'un modèle à l'autre : cela est principalement dû à leurs
étendues diverses (champ d'action entre la fréquence la plus grave et la fréquence la plus aiguë, "range" en
anglais). Certaines sont d'ailleurs multi-range en adoptant jusqu'à quatre couleurs différentes. Elles diffèrent
également par la longueur et l'angle de la course du pédalier. L'électronique étant peut encombrante pour cet
effet, on a pris l'habitude de lui adjoindre d'autres effets ou utilités.
Les auto wah ou envelope filter
produisent un effet similaire à celui d'une pédale wah-wah, à la différence que l'effet n'est pas fonction de la
position d'une pédale mais de l'attaque, de la dynamique de votre son ; moins vous attaquez, plus l'effet est
sourd, équivalent à pédale relevée ; plus vous attaquez, plus le son est aigu, équivalent à la pédale enfoncée.
L'étendue (range) de ces appareils est cependant plus grande, entraînant de notables différences dans les rendus.
C'est pourquoi ils ne doivent pas être considérés comme de simples substituts à la wah, mais comme des effets
ayant leur propre spécificité. Réglages les plus courants : taux de l'effet, profondeur et sensibilité à
l'attaque.
- Phasing
En combinant le signal d'origine et le même signal hors-phase, le phasing crée un effet tournant qui épaissi le
son. Il agira d'autant plus et d'autant mieux qu'il possède plusieurs étages de déphasage. Les contrôles vont du
simple réglage de vitesse à des choses plus complexes comprenant un réglage de taux, de profondeur, de résonance
(taux de réinjection du signal traité à l'entrée de l'effet), le tout sur deux modes de fonctionnement. Le phasing
est très connoté seventies et peut être proposé en version stéréo.
- Trémolo
Le trémolo (vibrato chez les anglos-saxons) agit sur le niveau du signal. Il alterne de façon cyclique chute de
niveau et pleine puissance, créant ainsi un effet rythmique. C'est avec la reverb le plus vieil effet guitare, ce
qui explique qu'on le trouve intégré à pas mal d'amplis vintage. Les deux réglages disponibles sont la vitesse et
la profondeur de l'effet. Il est conseillé de caler la première sur le tempo ou une de ses subdivisions en tenant
compte du fait que, comme sur un delay, le tremolo est, lui, très rigoureux question de mise en place : on
privilégiera donc les vitesses rapides, sans forcer plus qu'il ne faut sur la profondeur, cette dernière
accentuant le côté saccadé de l'effet. Bien que relativement tout terrain, le tremolo sera plus flatteur sur des
sons clairs et crunch (même assez saturés). D'autre part, plus la note ou l'accord est tenu, plus il peut donner
toute sa mesure.
Octaver - Pitch Transposer - Wahmmy :
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Tous ces appareils ont un point commun : ils désaccordent le signal qui leur est envoyé, combinant le nouveau signal
obtenu avec celui d'origine. Cependant, ils le font de manière fort différente.
-
L'octaver est un circuit qui divise la fréquence du signal de départ par
deux, ce qui, musicalement parlant, revient à descendre d'une octave. En plaçant un deuxième circuit de même type
derrière le premier, on descend de deux octaves.
Cependant, il faut bien noter que leur champ d'application (simulation d'un doublage basse/guitare ou de son de
synthé) et leurs performances sont aussi réduites que leur prix, d'où le développement des
harmoniseurs (pitch transposer) dont le principe s'apparente plus à celui
du delay : le signal d'origine est routé à la fois vers la sortie et vers une ligne à retard où il voit sa
fréquence modifiée. Le signal traité est envoyé alors vers la sortie où il est mixé avec le signal d'origine, tout
cela se passant à une vitesse telle qu'on a l'impression que les deux signaux sont simultanés. Les avantages de
l'harmoniseur sont multiples : il "detune" aussi bien vers le haut que vers le bas, n'est pas limité aux octaves,
travaille plus vite et plus précisément et possède beaucoup plus de réglages : le pitch (la hauteur) variant en
général de moins une octave à plus une octave par pas d'un demi-ton, le fine pour un ajustage très précis de la
note et le mix ou balance entre le son direct et le son traité. Certains proposent même une double harmonisation
ou alors une harmonisation intelligente qui harmonisera vos parties différemment, suivant le mode harmonique
sélectionné.
Enfin, la Whammy de digitec par exemple propose une pédale avec action
directe sur le pitch pour obtenir des effets de glissando impressionnants. Il est possible d'obtenir un doublage
avec l'harmoniseur en mettant le pitch à zéro, le fine à +/-1 et le niveau de l'effet légèrement en dessous du
niveau dry.
- Delay
Le premier delay (délai en français) fonctionnait avec un magnétophone dont la bande tournait en boucle pour
enregistrer le signal qui était lu, puis effacé, la bande enregistrant un nouveau signal. Aujourd'hui, on utilise
une ligne à retard électronique qui stocke le signal et le régurgite un certain nombre de fois à intervalles
réguliers. On distingue deux types de fonctionnement : analogique et numérique. Dans le premier cas, le signal est
traité tel quel par l'effet ; dans le second, il est d'abord converti en une série de chiffres, comme dans un
ordinateur ou sur un compact-disc, puis traité et enfin reconverti en signal analogique. Les delays numériques
sont beaucoup plus performants, tant sur le plan des temps de retard que sur celui de la qualité des répétitions
qu'ils génèrent, que leurs homologues analogiques.
Le delay trouve de multiples applications dans le domaine de la guitare.
Au plus court (de 5 à 40ms), il superpose à votre son un doublage qui va grossir celui-ci, sans être identifiable
en tant que delay par l'auditeur, pouvant d'ailleurs se faire passer pour un effet chorus (vous comprendrez
pourquoi en lisant le chapitre "chorus" ci-dessous).
En augmentant légèrement le taux de retard (de 50 à 100ms) et en limitant le nombre de répétitions à une seule, on
obtient le fameux "slap-back" (expliqué dans le chapitre acoustique) dont rockabilly et country sont friands.
Dans la même veine, le signal "delayé" à un volume tout juste plus faible que le signal direct, réglez le temps de
delay sur la croche (il vaut mieux se procurer une table de correspondance tempo / temps de delay auprès d'un ingé
son, par exemple) et jouez une phrase composée de noires : toutes vos notes sont doublées à la croche. Vous pouvez
faire la même chose avec toutes les subdivisions du temps en ajustant le nombre de répétitions audibles pour qu'il
tombe juste avec la subdivision choisie : une pour la croche, deux pour le triolet de croches, trois pour la
double-croche etc. Le système marche pour tous les schémas réguliers, que ce soit une phrase, un pianotage ou une
rythmique, et il va sans dire que vous pouvez choisir autre chose qu'une noire comme subdivision de référence.
Pour corser le tout, placez une pédale de volume devant le delay et coupez systématiquement toutes les attaques,
vous m'en direz des nouvelles, surtout pour les arpèges.
L'harmonie n'est pas en reste puisque vous pouvez créer des accords... en jouant sur vos répétitions.
Cela dit, la plupart d'entre nous utilisent le delay comme ingrédient qui lie la sauce, que ce soit en rythmique
et surtout en solo. Pour ce faire, on baisse le niveau des répétitions de manière à ce que leur attaque ne soit
pas trop audible, on réduit leur nombre (réglage du feed-back) pour ne pas se retrouver avec des notes traînant
trop longtemps, et on adopte un temps de retard peu ou prou adapté à l'ambiance, au groove et au tempo du morceau
joué. À partir de là, en variant volume et feed-back, on peut obtenir des résultats sensiblement
différents.
Certains delays sont stéréos, ou du moins créent une image stéréo, ouvrant par là même de nouveaux horizons : on
peut régler les temps de retard sur des subdivisions différentes du temps. Si elles sont espacées de façon
régulière, on obtient le fameux effet ping-pong, si l'espace est irrégulier : ping-pong bancal. Il est également
possible d'avoir un delay de type slap-back d'un côté et long de l'autre, ou bien encore deux delays décalés à
+/-20ms de décalage, effet garanti en chorus avec des niveaux de delays assez présents et des temps compris entre
300 et 600ms.
Les multi-effets proposent également des delays dont les répétitions sont inversées... le reste est un problème
d'imagination et de maîtrise théorique et pratique de l'effet.
Concernant son positionnement, il est préférable de placer le delay en insertion, surtout sur un ampli à lampe, et
ceci pour deux raisons : mieux vaut delayer un signal saturé que saturer un signal delayé (essayez,
vous verrez...), et en "bouffant" légèrement l'effet, l'insert donne un rendu plus naturel, amalgamé au corps du
son. Si vous utilisez une pédale de volume, placez le delay derrière : vous aurez accès aux effets décrits
plus haut (élimination des attaques) et vous pourrez couper votre volume tout en conservant les répétitions du
delay. À l'inverse, surtout si vous utilisez un fort long delay, si vous voulez contrôler les répétitions,
placez le delay avant la pédale de volume. D'une manière générale, essayez de le positionner en fin de chaîne.
Certains delay possèdent une fonction "hold", sorte de sampler du pauvre temps de l'échantillonnage limité.
D'autres permettent, grâce à un footswitch sur lequel on tape deux temps, d'obtenir un delay directement calé sur
le tempo ; cela est appréciable sur scène où l'on ne joue pas les morceaux forcément au tempo d'origine.
Cependant, si vous préférez jouer vos titres strictement au tempos originels (ou n'avez pas de clic en jouant avec
des machines qui démarrent après vous... mais bon), rien ne vous empêche de donner un coup de médiator en
étouffant vos cordes (ou en tapant légèrement sur celles-ci avec votre main, en les étouffant après...) : c'est
alors le delay qui vous donnera le tempo.
Étant avec le chorus, l'effet le plus utilisé par les guitaristes, le delay a été utilisé sous toutes les
formes : pédales, racks, et se retrouve à peu près dans tous les multi-effets existants. Vous pouvez en retrouver
à tous les prix mais attention : prix bas peut être synonyme de performances limitées et souvent inversement
proportionnel au souffle !
- Chorus
Il existe une parenté assez étroite entre delay et chorus. Disons que, schématiquement, le chorus est une unité de
delay spécialisée : prenez une ligne de retard cantonnée à des temps de delay compris entre environ 10 et 30ms,
faites subtilement et cycliquement varier ce temps de plus et moins 5 millisecondes autour du temps que vous aurez
fixé grâce au réglage "depth", mixez le signal obtenu avec le signal de départ, et le tour est joué. Le "rate"
vous permet de déterminer la vitesse à laquelle la variation s'effectue. Le chorus grossit le son à la manière
d'un delay en doublage enrichi d'un effet légèrement tournant dû à la variation du temps de retard ; un peu le
rendu de deux musiciens qui joueraient ensembles (quand le réglage est fin). On le trouve en pédale, certaines
intégrant même une égalisation ou des filtres et/ou offrant une image stéréo, et dans la plupart des multi-effets
et des amplis de casque, on peut le trouver également intégré aux amplis.
Note : veillez à ne pas trop forcer sur les réglages, "c'est pas beau". Si
vous êtes plusieurs dans votre groupe à utiliser simultanément un chorus, cela peut créer des interactions peu
musicales.
- Flanger
Encore un effet dérivé du delay. Son fonctionnement : prenez un temps de delay entre 0 et 20ms et mixez-le avec
signal dry. On trouve des réglages "depth" et "rate" (profondeur et taux de l'effet), déjà présents sur le chorus,
auxquels on a rajouté la "résonance" (ou autre appellation) qui ajuste le taux de réinjection du signal traité à
l'entrée du circuit. Cela nous donne un effet tournant et profond qui peut rappeler soit un avion à réaction, soit
ce que l'on entend en se collant un tuyau à l'oreille, ou alors une impression de "jouer dans l'eau" (Si vous
entendez le morceau "Pregnancy" de
Khâro, vous aurez compris) si la
vitesse est rapide. On peut également simuler un effet de chorus à partir d'un flanger en réduisant la résonance
et en poussant la profondeur.
Encore une fois, il est important doser finement car le flanger peut, à fort taux, vous faire disparaître dans
le mix, en live tout au moins.
- Reverb
Lorsque vous parlez dans une cathédrale, vous vous rendez vite compte que votre voix ricoche non seulement sur les
voûtes, mais aussi au fond de l'abside, sur les côtés de la nef etc. Toutes ces surfaces renvoient leur propre
écho avec un retard dépendant de la distance à laquelle vous vous tenez de chacune d'elles. Ce que vous percevrez
et nommez reverb est donc un mélange de plusieurs échos et leurs résonances. Une reverb va simuler ce phénomène et
vous allez, en la réglant, construire un lieu dont elle devra respecter les contraintes : taille, revêtement, taux
d'absorption des aigus, etc. Vous devez toujours garder à l'esprit, lorsque vous réglez une reverb, cette image de
l'architecte virtuel, car elle vous permettra de mieux visualiser, concevoir et paramétrer votre effet.
Les reverb à ressorts représentent les premiers essais de reproduction du phénomène. Celui-ci étant aussi complexe
que les solutions mécaniques mises en œuvre pour les reproduire étaient frustes : on ne s'étonnera pas de
l'à-peu-près du rendu. Cela n'empêche pas ces reverb d'être efficaces à faible taux pour enjoliver le son d'un
ampli. Les musts du genre s'appellent Accutronics, que l'on trouve embarqués dans la grande majorité des amplis
actuels, et Fender Reverb Unit (à lampe), si l'on préfère le vintage.
L'avènement du numérique a permis le développement d'unités de reverb plus performantes, de taille plus réduite et
surtout nanties de nombreux réglages.
Réglages les plus courants :
- Le type de reverb (room, hall, plate, stage, etc.), soit en fait le type de salle virtuelle que vous voulez
simuler. Ce choix est très important vu qu'il influe sur la chaleur, l'ampleur, la substance même de l'effet.
- Le decay, c'est-à-dire la longueur de l'effet (très exactement, le temps que met le signal de départ à atteindre
le millionième de son origine).
- Le niveau de l'effet par rapport au signal direct.
On peut aussi souvent agir sur la position, qui simule en gros la place occupée par l'auditeur par rapport à la
source sonore dans la pièce virtuelle ; le réglage de diffusion, lui, agit sur les vides entre les delays
(rappelez-vous que la reverb est l'audition de multiples réflexions) en les comblant plus ou moins. Résultat, une
reverb plus ou moins douce, plus ou moins "onctueuse".
- Enfin, le damping, simulateur d'absorption des fréquences aiguës par le matériau constituant les parois de votre
pièce virtuelle, dote l'effet d'un rendu plus naturel, moins métallique.
La reverb est dure à gérer, notamment au niveau de son temps d'extinction, c'est pourquoi il peut être profitable
de se tourner vers les "gate reverb". Comme leur nom l'indique, se sont des
reverb qui s'arrêtent abruptement quels que soient leur type, leur profondeur et autres paramètres. Dès lors, il
devient possible d'employer une énorme reverb en en maîtrisant les résonances.
Dans le domaine des reverb particulières, citons encore les reverses qui
inversent l'effet, commençant par la résonance et terminant par l'attaque. Souvent utilisé sur les caisses
claires, ce type de reverb donne de bons résultats sur la guitare, notamment en enregistrement.
Attention, la reverb peut vous faire disparaître dans le mix !
- Panoramique
Cet effet permet de balader le son de gauche à droite et inversement dans l'image stéréo. S'il n'est pas
disponible seul, on le trouve en pédale avec un autre effet ou inclus dans certains multi-effets. Les réglages,
lorsqu'il y en a, portent sur la profondeur (jusqu'à quel niveau la balance gauche/droite sera effectuée).
Remarque : dans les multi-effets, il est fréquent que le panoramique ne
concerne que le signal traité et non le signal dry, donnant par exemple un delay qui se promène de gauche à
droite, tandis que le signal dry reste campé au milieu.
- Noise-gate - Noise supressor - Hush
Le noise-gate est une "porte à bruit" qui ne s'ouvre qu'à partir d'un
niveau-seuil fixé par vous. Tout bruit se situant sous ce seuil n'aura pas la force d'ouvrir la porte : il ne
passera pas. Par contre, tout bruit dépassant ce seuil ouvrira la porte et sera audible. Votre problème est donc
de fixer un seuil suffisamment haut pour arrêter souffle et parasites, mais suffisamment bas pour laisser passage
à votre son de guitare, même à faible volume ou quand les notes meurent.
Des appareils plus élaborés font maintenant le tri entre bruit et musique. Le seuil peut en conséquence être fixé
plus haut sans préjudice pour votre son de guitare qui sera, à quelque niveau que ce soit, reconnu pour de la
musique et non du bruit (espérons-le !). Le hush, développé par Rocktron,
est de ceux-là. Son efficacité fait qu'il a été intégré à des appareils d'autres marques et est en passe de
devenir un nom commun à l'instar de Frigidaire ou Mobylette.
Conseil : le noise-gate et ses amis sont recommandés lorsqu'on utilise un
ampli puissant à fort volume. On les mettra alors en insertion. Vérifiez tout de même que le bruit ou le souffle
que vous voulez éliminer est normal, qu'il ne vient ni d'un appareil défectueux, ni de câbles de mauvaise qualité,
et si vous possédez une pédale de volume (à câbler en insert), peut-être est-il inutile d'investir dans un
noise-gate... Les oreilles musicales préfèrent l'éviter ou ne l'utiliseront que si absolue nécessité !
- Power Soak
Vous êtes en possession d'un stack de type fusée à réaction survitaminée, seulement voilà, l'endroit dans lequel
vous jouez ne vous permet pas de pousser le volume de votre ampli, surtout si c'est un vieux Marshall conçu pour
donner le meilleur de lui-même à donf ! Une seule solution : le power soak. Le principe est simple : une boîte
avec un gros bouton qui se branche entre la tête et le baffle. À l'intérieur, cela n'est guère plus
compliqué. Le bouton commande en fait un potentiomètre d'un type spécial, qui va répartir la puissance entre le
baffle et une résistance, cette dernière absorbant une plus ou moins grande partie de la puissance générée par la
tête. Résultat, la tête fonctionne à plein rendement mais vous gardez le contrôle du volume. Le dispositif est
complété en général par un ventilateur chargé de refroidir la résistance (eh oui, ça chauffe tout ça !). Le plus
répandu est certainement le Marshall Powerbrake.
- HP simulator
Avec l'avènement des home studios, de plus en plus de guitaristes ont eu recours à des préamplis et d'autres
appareils produisant de gros sons de guitare sans déranger les voisins, donc sans HP. Oui mais voilà, le lascif
mouvement de la membrane déplaçant l'air vint à manquer. D'où l'arrivée des simulateurs de haut-parleurs dont le
travail consiste d'une part, à éliminer les fréquences qu'un HP guitare ne reproduirait pas (les suraiguës par
exemple), et d'autre part à simuler audiblement le déplacement de la membrane. La plus simple expression du genre
se présente comme une boîte de direct, sans aucun réglage. Ensuite sont apparus des appareils plus sophistiqués
sur lesquels on peut choisir son type de baffle (ouvert/fermé), le placement des micros de prise de son (Marshall
SE100) etc. Ces simulateurs se trouvent parfois intégrés aux préamplis, à des amplis ou à des multi-effets.
Conseil : plus encore qu'un autre appareil, le HP simulator, avant
l'achat, doit être essayé dans la configuration où vous voulez l'employer, n'hésitez donc pas à solliciter un
prêt.
- A/B Box - Line selector - Patch
L'A/B Box est un petit boîtier pouvant router un signal de façon
alternative. On peut donc jouer avec deux amplis (l'un en son clair, l'autre saturé par exemple) ou se servir d'un
ampli pour deux guitares, toujours alternativement. Une autre utilisation consiste à passer ou non par des effets
ou bien passer par deux effets différents. Tout est possible hormis une chose : on ne doit JAMAIS se servir d'une
A/B Box pour router deux têtes d'amplis vers le même baffle, à moins qu'elle ne soit expressément conçue pour.
Certaines de ces boîtes offrent en plus deux volumes de contrôle séparés ou bien encore une fonction A+B, donc
trois possibilités de routages.
Plus sophistiqué, le Ligne Selector de Boss, plus spécialement destiné à la
gestion des effets, intègre deux boucles et fonctionne selon six modes de routage différents.
Si vous êtes du genre à utiliser plusieurs têtes sur différents baffles en passant par diverses boucles, il vous
reste une solution depuis longtemps éprouvée par nos amis claviers : le
Patch en rack (1 ou 2U) uniquement dévolu aux connexions et au routage du
signal, ou de la mixette (DOD D 240), sorte de mini table de mixage plus ou moins évoluée.
- Pédale de volume
Elle sert à contrôler le volume auquel vous aller jouer. Dans le cas le plus simple, on va la brancher entre la
guitare et l'ampli ou bien dans la boucle d'effet de ce dernier. La première configuration vous permet de
contrôler votre volume tout en jouant, et ce à tout moment. La deuxième est plus riche de possibilités car elle
offre deux points de contrôle du volume, l'un sur la guitare avant le préampli, l'autre (la pédale) après le
préampli et l'ampli de puissance. Le résultat n'est pas le même suivant que l'on baisse l'un ou l'autre des
volumes : en réduisant de trois-quarts le volume de l'instrument, on obtient un son clair même sur le canal
saturé, parce qu'on n'envoie pas un signal suffisamment fort dans le préampli (On peut tout de même obtenir ce
même résultat en nuançant son jeu de guitare : le guitariste peut aussi se passer d'effets !) ; en faisant la
même chose sur le volume d'une pédale d'insertion, on baisse le niveau du signal qui entre dans l'ampli de
puissance, laissant le préampli à plein rendement, ce qui donne un son très saturé à bas volume.
Autre avantage, votre pédale peut vous servir de noise-gate si vous la ramenez en arrière quand vous ne jouez pas.
Attention toutefois, certains amplis voient leur son perverti par la mise en insert d'une pédale de volume, ne pas
insister dans ce cas.
Indépendamment de sa position, si vous manipulez ce type de pédale rapidement, à la manière d'une wah-wah, vous
obtiendrez l'imitation d'un trémolo.
On peut aussi obtenir l'effet "violon" en coupant le volume lors des attaques, et en le montant ensuite (il est
tout à fait possible d'obtenir ce même genre de résultat en manipulant tout simplement le volume de sa propre
guitare, mais pour un jeu certes plus limité en vitesse). Si vous arrivez à maîtriser cet effet sur les arpèges,
avec un delay (après la pédale de volume) calé sur la croche... Ouah que c'est beau !
Placée après un autre effet, elle aide à le maîtriser : couper une reverb...
On trouve dans cette pédale un potentiomètre actionné soit par une crémaillère, soit par une cordelette, soit par
une photorésistance.
Réglages supplémentaires : certaines pédales intègrent un réglage de volume minimal afin d'avoir un volume de
rythmique en position zéro par exemple ; d'autres un réglage de tonalité. D'autres encore sont en stéréo et/ou
permettent des effets panoramiques pour peu qu'on utilise deux amplis.
- Leslie - Rotovibe
La cabine Leslie est un système d'amplification originellement à lampes (des versions transistors sont apparues
par la suite) développé pour l'orgue. La cabine envoie les aigus dans un double cornet et les graves dans un
boomer surmontant un tambour comportant des évents qui laissent s'échapper le son. Cornet et tambour sont
rotatifs, ce qui provoque un effet trémolo. L'effet Leslie ne se résume cependant pas à un simple trémolo : cornet
et tambour ont chacun leur propre système d'entraînement, et la cabine propose deux vitesses, lente et rapide. Au
moment où l'on va passer de l'une à l'autre, cornet et tambour vont accélérer différemment et ne vont donc pas
mettre autant de temps pour se stabiliser, créant de multiples variations de l'effet. Cela est aussi vrai dans le
cas d'une décélération. C'est pourquoi de nombreux organistes aiment à changer sans arrêt de vitesse. Simple
conséquence de ce qui précède : deux cabines n'ont jamais un fonctionnement identique. Si vous voulez brancher
votre guitare sur une cabine Leslie, vérifiez qu'elle est nantie d'une pédale combo (préampli, pédalier de
contrôle) et sachez que les meilleurs résultats s'obtiennent en vitesse rapide et sur les modèles à lampes dont la
saturation est plus belle.
Bien entendu, il existe des appareils moins encombrants rendant les mêmes services, même si aucun d'eux n'égale
l'original. Par contre, le "dynacord", appareil imitant la cabine à la perfection n'est plus fabriqué, mais la
"Dunlop Rotovibe" et le "Korg G4" sont également très performants.
- Talk Box
Mondialement médiatisée par Peter Frampton en 1975, la Talk Box sert à moduler votre son directement avec votre
bouche qui fait office de résonateur et d'envelope filter. Positionnée entre la sortie HP de votre ampli et le HP
lui-même, elle déroute le signal vers un tuyau en plastique. Vous placez ce dernier dans votre bouche, le son arrive
donc dans votre cavité buccale (à ce sujet, commencez par baisser le master de votre ampli si vous ne voulez pas
avoir l'impression que votre mâchoire se décroche ou que votre tête explose). Il ne vous reste plus qu'à parler ou
faire des mouvements de bouche et le tour est joué. Les Talk Box vintage sont quasi introuvables, mais Dunlop
continue à en fabriquer. (HT-1 Heil Talkbox).
Lorsqu'on veut mettre ses effets en cascade, il est bon de respecter une certaine logique pour obtenir le meilleur
résultat possible. Bien entendu, il n'est pas nécessaire d'avoir tous ces effets, mais respectez plus ou moins cet
ordre, quel que soit le nombre d'effets que vous utilisez.
À essayer :
- Mettre la pédale de volume ou le noise-gate après le delay pour couper les répétitions avec précision.
- Mettre l'EQ en fin de chaîne.
- Mettre l'effet dans la boucle d'effets (surtout pour le delay).
- Mettre le chorus après le delay.
- Mettre la pédale volume au début (avant le delay).
À éviter :
La wah-wah dans la boucle d'effets.
Le delay après la distorsion.
Autre possibilité (par exemple) :
wah-wah | compresseur | delay | disto | EQ | chorus | flanger | volume ou noise-gate | ampli
Personnellement, j'ai essayé de mettre le chorus et le flanger après le delay, c'est cool aussi. Mais vous pouvez
faire d'autres essais qui seront plus ou moins concluants selon le résultat souhaité (vous obtiendrez aussi plus ou
moins de "bruits" indésirables selon l'ordre).
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